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cinequanon

DOCUMENT : Tout s'est bien passé, Emmanuelle Bernheim, édition NRF Gallimard, 2012

30 Mai 2014 , Rédigé par pasc

DOCUMENT : Tout s'est bien passé, Emmanuelle Bernheim, édition NRF Gallimard, 2012

Le titre de ce document est programmatique !!!!!!!!!

Dans "Tout s'est bien passé", la narratrice ne nous épargne rien, ni les brancards, ni les cathéters de son père, ni son teint terreux. Lire son journal intime sur la déchéance physique de son père nous plonge dans un sentiment de désarroi et de vide. Comment partager ses moindres détails qui ne nous concernent que de très loin ?

Le style est blanc, clinique à souhait, mais l'empathie nécessaire du lecteur fait défaut. Son intérêt chatouillé par la question sur l'euthanasie qui est brûlante aujourd'hui, est soulevé dans ce roman. C'est un essai qui ressemble à un roman.

Les souvenirs de la narratrice, souvent banals, s'entrechoquent en montage parallèle avec l'événement de la mort imminente de son père.

Ce père est un homme peu attachant et les souvenirs égrenés par sa fille montrent trop souvent des accents quasi maltraitants : « Quand je pense que tu n'as même pas été fichue de lever un type.." Parfois il arrive à la fille de vouloir coller un oreiller sur le visage de son père... pour en finir ? Par vengeance ? Pour ne plus qu'il souffre ? Il est bon alors de ne pas savoir, de ne pas avoir la réponse car par les points de suspension entre les phrases, par les non-dits, commence "le roman".

C'est là, dans les interstices que se situent les livres que l'on aime.

Il est important aujourd'hui de parler de la loi Léonetti pour l'affiner, pour faire que mourir dans la dignité soit possible en France et pas seulement en Belgique ou en Suisse. Pas seulement pour les riches. tout le monde n'a pas Georges Kiejman pour avocat !!!!!!!!!!!!!, pour ami Alain Cavalier ( qui est lui-même filmé la mort de son bonheur en direct et de façon forcément réaliste) ou Tonie Marchal…pour prêter sa caméra !!!!!!!!!!!!!

On est dans un certain monde chic.

Le père est un vieil esthète érudit, homo à ses heures, un hédoniste.

L'auteure écrit pour se faire du bien, pour prouver qu'elle a été une bonne fille. Pour se prouver qu'elle a été une bonne fille, mais le lecteur sait que les dés sont pipés car en écrivant on procède à un montage, et même si l'on croit écrire un document, un essai, dès lors que nos sentiments sont impliqués cela devient une fiction, même si les personnages sont ou ont été réels.

Ce livre se construit comme une psychanalyse.

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